1918
Olga et Joseph
Ginsburg (un pianiste) arrivent en France en février. Ils habitent dans la rue des Pyrénées, rue de Chine (XXe) plus tard à la rue Chaptal, dans le IXe arrondissement. Leur premier fils, Marcel, meurt d'une pneumonie à seize mois.
Naissance de Jacqueline Ginsburg à Paris.
1928
Naissance le 2 avril de Lucien "Lulu" Ginsburg à Paris, quelques instants après sa soeur jumelle Liliane.
Fréhel, la star des années folles, la reine du Paris canaille, rencontre Lucien en mai et elle lui offre un
verre de diabolo-grenadine dans le bistrot dit “Le Coup de fusil”. Après ce souvenir immortel, Lucien décide d'apprendre la chanson "Le Coco". Au même âge il commence de fumer ses premières cigarettes.
Lucien entre à l'Académie Montmartre de peinture à treize ans. Ses maîtres sont André Lhote et
Fernand Léger.
Joseph Ginsburg disparaît le 3 avril. Les Ginsburg habitent à Limoges.
Lucien est au Lycée Condorcet. Il est un élève brillant mais ulcéré, écoeuré par les réflexions antisémites d'un professeur de latin-grec provocateur à l'éxtrême.
Novembre 1945
Lucien s'inscrit au cours de la Grande-Chaumière.
Les Ginsburg
achètent un appartement avenue Bugeaud, dans le XVIe arrondissement. Lors de ses années de galère, ou encore entre deux aventures sentimentales, Lucien y reviendra souvent, jusqu'à la fin des années 60.
Lucien quitte définitivement les
Beaux-Arts et explique à son père: "Je veux peindre, peindre, et je ne veux que cela." Après avoir assimilé toutes les tendances, Lucien fait ses choix: Paul Klee, bien sûr, contestataire et génial coloriste mais surtout celui qui est
pour lui, "le plus grand, le plus important de notre époque, Francis Bacon."
Lucien peint plus de quatre cent toiles, mais un beau jour il les détruit: "J'ai brûlé toutes mes toiles, j'ai abandonné parce qu'on ne peut pas
vivre éternellement dans la bohème... cet anachronisme. De toute façon, au moment où j'ai brûlé mes toiles, j'étais encore en mutation, dans une phase de transition, je n'étais arrivé à rien, il n'y avait donc rien à garder." En fait,
quelques toiles ont échapppé au massacre. On savait que Juliette Gréco en possèdait une. Jacqueline, la soeur de Lucien, en a également conservé quelques-unes dont un talentueux autoportrait peint en 1957 et un superbe vase peint.
Au printemps, Lucien rencontre Elizabeth Levitsky à l'académie de
Montmartre.
1948
Lucien et Elizabeth Levitsky, qui a des accointances avec les surréalistes, passent quelques nuits dans l'appartement de Salvador Dalí, à l'insu du propriétaire, bien entendu. Lucien, qui vit jusque-là
d'expédients, plutôt au crochets de sa femme, se trouve une place de professeur de dessin et d'intendant de nuit à la Maison des réfugiés israélites,où il s'occupe d'enfants âges de 6 à 13 ans.
Après avoir effectué son service militaire, c’est le 3 novembre que Lucien épouse Elizabth Levitsky, de
deux ans son aînée, au Mesnil-de-Roi.Il vit de petits travaux: professeur de dessin, intendant à la Maison des réfugiés israélites qui accueille des enfants, coloriage de photos de cinéma:”Mille fois les lèvres de Marylin dans
Niagara...”.Pressé par son père d’assumer la responsabilité matérielle de son foyer, il accèpte de faire du piano-bar.
1953
Retour à Paris, Lucien abandonne la peinture et se consacre à son métier de pianiste et gutariste d'ambiance
dans les bals et les boîtes de nuit.
1954
En juillet, il passe l’examen de la SACEM en tant qu’arrangeur, compositeur et auteur.
Sous le pseudonyme de Julien Grix (Julien pour Stendhal et Grix à cause du peintre Juan Gris), Lucien
dépose en août à la SACEM ses six premières chansons, parmi lesquelles "Les amours perdues" et "Défense d'afficher". Il vient de terminer sa première saison au Club de la Forêt, au Touquet, en tant que pianiste de bar et
"d'ambiance": il y retournera tous les étés, du 1 juin au 30 septembre, jusqu'en 1957.
1955
Lucien travaille au cabaret Madame Arthur, spécialisé dans les numéros de music-hall interprétés par des
travestis. Il dirige le petit orchestre, une place qu'avait occupée auparavent son père, et compose une série de titres avec le directeur artistique de l'endroit, Louis Laibe. Au début de la saison 1955-1956, ils conçoivent une revue sur le
thème du cirque.
1957
Lucien, qui travaille désormais au Milord L'Arsouille pour deux mille anciens francs par soirée et dépose à la SACEM "Ronsard 58", une chanson dont les paroles sont signées Serge Barthélémy,
en même temps que "La jambe de bois (Friedland)" et "Le poinçonneur des lilas".
9 octobre 1957
Le divorce est prononcé entre Lucien et Elizabeth Ginsburg.
Décembre 1957
En public, Lucien interprète "Le
poinçonneur des lilas" dans les studios de Paris-Inter (l'ancêtre de France-Inter).
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